07 mars 2009
Un sandwich et un prince, sivouplé!
"Tu viens on prends des sandwichs de Fayrouz?"
Sitôt dit, sitôt fait. Je saute du lit et sors de suite avec Sou.
Je prends la peine de me regarder dans le miroir pour confirmer que je suis un vrai brouillon.
Cheveux en queue de cheval désordonné. Par dessus mon t-shirt vert, je mets un blouson en cuir. Le t-shirt dépasse, ca ne me dérange pas. Le bas du survet noir me convient. J'enfile mes oasics, mes lunettes de soleil et je franchis la porte persuadée d'être méconnaissable sous cette forme anarchique.
Je formule tout de même le souhait de ne pas croiser une quelconque connaissance lors de ce petit saut dehors.
On appelle le taxi par Sexy!. Il s'arrête. On est mortes de rire à la vue du vieux qui occupe la place du conducteur. L'air est fétide, voir empestant. Heureusement que le trajet est court.
Alors que Sou bave devant les salades, je vais prendre un ticket.
Je me met derrière un autre client. Le petit scanner du verso étant fait, moyennement satisfaite, je guette l'instant où je pourrais dévisager cette inconnu devant moi.
Il se tourne et me cède la place.
Ah! il est B.E.A.U. !
Je détourne immédiatement le regard tout en pensant que c'est le genre de mec qui sent bon au reveil. -Quelle reflexion!-
L'idée qu'un HOMME comme j'aime, comme je veux, comme je désire est dans le même endroit que moi me fait tourner la tête.
Mon prince charmant existe donc? Mon ideal... L'autre moitié de la pomme! Ma solitude prend désormais fin, mon soleil brillera dorénavant de mille feux... Le bonheur n'est qu'à portée de main!
J'avance faisant mine de celle qui se fiche à quel point le mec d'en face est craquant, classe, sexy... à mourir!
respiration. respiration. respiration. respiration. respiration.
Je l'élimine volontièrement de mon champs de vision mais pas de mon esprit. Je rejoins Sou et lui tends le ticket en murmurant: "T'as vu la bombe atomi-nucléo-magique à côté?"
Sou effectue discrètement un va-et-vient visuel entre le charmant et moi avant de repondre: "En plus, il te regarde!"
Ahhhh.. NON!
Pourquoi fallait-il que ca tombe sur moi aujourd'hui? Pourquoi ne me suis-je pas mise sur mon 31? Pourquoi... DIEU! Pourquoi? Mère NATURE! Pourquoi? COSMOS! JESUS! MOISE! CHANEL! Par tous les sacrès, POURQUOIIIIII!?
Le monsieur s'approche et se met de mon côté en tendant son ticket.
Ce qui déclenche une avalenche de bribes de reflexions: "Ohhh.. Bon.. Ammouna, on se calme et... On ne bouge surtout pas!"
Je suis immobile. J'ai l'impression d'avoir le corps figé. Mes joues rougissent, je le sens à leur chaleur.
Je zieute sa main.
J'aime déjà cet homme!
Je me demande en ce moment à quoi ressembleraient nos enfants.
Je me retourne discrètement, comme pour chercher quelqu'un que je ne trouve pas. Je croise son regard et suis comme éléctrocutée -intérieurement-
"Bon... Ammouna! resaisis-toi! On se concentre! On n'a rien vu, il n'y a pas une incarnation de Dieu GREC à ta gauche... Il n'y a personne. Et puis ses lèvres ne sont pas sûrement pas aussi douces que tu ne le crois."
Je souris à Sou, je rougis, j'ai l'impression que je pense à voix haute, que tout le monde a accès à mes reflexions.
Puis, il sort.
Il fait vide d'un coup. Une jeune fille parle fort au telephone. L'odeur des fritures me remonte l'estomac. L'apprenti sandouichier (!) nous demande si on veut des frites. La radio m'irrite.
Allez, on y va!
Dehors.
Je, trop préoccupée à chercher un taxi, ne fait pas attention à cet homme qui gare sa voiture et descend vers nous.
Sou crie doucement (son aigu typiquement féminin!): "C'est luiiiiiii... LE mec de tout à l'heure!!!"
J'ai à peine prononcé un "hein" que le beau brun, affichant un large sourire, se fait entendre: "Salut mademoiselle! Je peux vous parler un instant?"
La reponse reflexe ne se fait pas attendre: "Je ne suis pas interessée, désolée..." tout en prenant le soin de le snober comme il faut, je souris et arrête enfin un sexy- heu taxi!
Un "une autre fois alors..." me raccompagne avant que je ne glisse sur le siège, laissant de la place à Sou qui, yeux grands ouverts, laissa échapper un "Pourquoii!!!"
"Non mais t'as vu dans quel état je suis...?
Si je lui plais comme ça, c'est qu'il a mauvais goût.
Et MOI, je ne veux pas d'un homme qui a mauvais goût!"
Je conclus: "Et puis.. J'ai pas aimé ses dents!"
La vérité, je te la dis à toi parce que je ne te connais pas, c'est que j'ai eu peur.
De quoi? Je ne sais pas.
06 mars 2009
Sommeil lucide
"J'ai mal aux orteils." J'essaye de m'étirer.
"Tiens! Ma main gauche est devenue rigide".
J'essaye de la bouger, chose qui se fait d'une lenteur excessive.
"Hmm j'ai dû passer la nuit dessus... Pourtant je suis couchée sur mon côté droit. Pourquoi est ce que ma main est si tendue?
Est-ce déjà le matin? Quel heure doit-il être?
Ah! Je dors encore. Je n'ai pas la volonté nécesaire de faire ce bond vers le Conscient. Mes paupières sont fermement collées. Je m'y plais.
Je ne me souviens pas du rêve que j'ai fais cette nuit, bizarre qu'il ne remonte pas à la surface... Fais un effort...
Il semble que je n'ai pas rêvé cette nuit. A moins que le rêve ne soit déplaisant à se rappeler.
Enfin, je me souviens d'habitude de mes cauchemards. Ca a dû être un rêve curieux, agaçant, qui est allé là où il ne fallait pas. J'accepte ce mécanisme de défense... à moins que je n'ai pas dépassé le stade de sommeil profond sans rêve.
N'ai-je donc pas eu de ces mouvements occulaires rapides? Ha! Je ne le saurais jamais. Ce n'est pas important.
Ai-je eu un blanc -noir?- cette nuit?
Il faut que je dorme.
C'est drôle d'être éveillée, tout en dormant. Je pourrais presque rêver lucidement.
Mon expérience du rêve lucide n'est qu'à son début. Est-ce une première manifestation fluide de ce que j'ai mis en application? Déjà.?
J'imagine que les rêves lucides n'ont tout de même pas le même goût d'improviste, de surprise et de mystique. Ca, si j'admets le côté mystique du rêve. Est-ce une forme d'expression divine ou est-ce tout simplement l'eclosion de l'inconscient... Ahhh je sais plus.
Il faut que je dorme. Je me suis couchée tard ce soir.
dors...
dors. dors. dors.
Dors!
Ahhh. Mon esprit rit de moi, qui croit bonnement le contrôler par l'impératif et le commandement.
J'en ris aussi, intérieurement.
Pourqu... Tiens! L'appel à la prière!
Je pourrais la faire.
Mon côté spirituel pense tout de suite alors que ce sont les anges qui m'ont reveillé. Je manque à Dieu et il veut que j'aille vers Lui par la prière.
Je ne tarde de taire cette voix. L'explication m'aurait plu dans d'autres circonstances. Lesquelles? Je l'ignore.
Disons que l'ascension de mon âme fût interrompue par quelconque pensée ou énergie. Elle a vite regagné mon corps et un niveau de conscience subtile s'est vu par la suite déclenché.
Hmmm Trop bouddhiste comme développement.
Mon noyau nucléaire n'est pas pure, y résident des imperections ou déficiences, pour être aussi limpide et avoir une trajectoire aussi strictement déssinée.
Ahh ma main gauche est toujours aussi contractée. Je me demande bien quel centre d'energie l'habite....
Pff Arrête cherie! Le scientifique avancera avec aisance que la circulation sanguine a été gênée par une contorsion anodine pendant mon sommeil qui malgrè sa courte durée fût assez réparateur pour mon système.
Je suis reposée donc éveillée. Pas réveillée tout de même.
Un bruit a du me reveiller alors... Je tends l'oreille. Je n'entends rien.
Je boirais bien un thé.
Je me demande s'il fait jour.
Jour ou nuit, j'estime ma journée commencée.
Est ce que quelque chose me préoccupe?
Quelle question! Un rien me préoccupe.
Reste à caractériser et fixer ce rien, flou, sans contours...."
Je bouge et le drap froid me fait recroqueviller.
"Brr... Pourquoi est ce que ce côté du lit est si froid!!!
Enfin! N'est-il supposé l'être après tout, car inoccupé.?
Pourquoi ca inoccupé? Comment ca inoccupé? Qui dit inoccupé?! Bah oui... quelqu'un dort peut-être au bout... Et si je m'approchais suffisement je sentirais son souffle s'arrêter à ma nuque, son corps se bomber et se dégonfler de par sa respiration, lente et sereine..
Oui. Il est là.
Il est vrai que la pensée sonne irrationnelle, le fait de me reveiller aux côtés de quelqu'un, l'homme de ma vie, mon idéal, alors que ma vie sentimentale est le synonyme du mot desert semble fou...
Oui.
Il est pourtant là.
Je le verrais si j'ouvrais les yeux. Ne nous sépare qu'un mouvement de paupières.
Il faut que j'ouvre les yeux.
Il faut que j'ouvre les yeux.
Ouvre les yeux!"
A l'instant qui suit immédiatement, je suis face au second oreiller posé sagement sur le lit. Ce dernier semble encore fait de ce côté. Inoccupé.
"Evidemment.... "
Je suis légèrement déçue tout de même. (?)
Je regarde l'heure, me lève et met de l'eau à bouillir en me brossant frénétiquement les dents.
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